Critique du film : Lluvia de Paula Hernandez

by DaïnahD on 29 juillet 2010

Mon vif intérêt pour le cinéma d’Amérique Latine m’a donné envie d’aller voir Lluvia le film de Paula Hernandez qui n’est malheureusement sorti que dans 4 ( ?!) salles en France. Je ne connaissais pas la réalisatrice et j’avais envie de découvrir son second film. L’histoire repose sur une rencontre inattendue entre deux personnes qui, à priori, n’auraient jamais dû se rencontrer dans un Buenos Aires emporté par les torrents de pluies.

lluvia-affiche

Une femme en pleine remise en question et un homme que son passé rattrape, se rencontrent lors d’un embouteillage. On ne sait pas qui ils sont, d’où ils viennent (hormis l’accent espagnol de l’homme que les hispanophones relèveront dès ses premières paroles), ni pourquoi ils sont là et tout au long du film, ces questions taraudent le spectateur. On suit malgré tout avec plaisir cette rencontre entre deux inconnus si ordinaires que l’on pourrait croiser au détour d’une rue. Car c’est bien cette condition qui rapproche le spectateur des personnages, ces histoires si « banales » qui nous font réfléchir sur notre propre histoire et sur la manière de l’entrevoir et la gérer. Le tout est mis en relief par les conditions atmosphériques. En effet, le film joue beaucoup sur la métaphore entre le temps et la condition des personnages qu’il nous est donnée de suivre.

Malgré tout, un petit quelque chose m’a empêché d’adhérer complètement au film, les moments sombres et émouvants ne m’ont pas vraiment touché, peut être à cause de la furtivité de la rencontre entre les deux protagonistes ou d’une connaissance trop peu profonde de la psychologie des personnages. Néanmoins, le film se laisse agréablement regarder, Valeria Bertuccelli joue admirablement bien le rôle de la femme esseulée et Ernesto Alterio (vu dans El otro lado de la cama notamment) en père de famille en proie avec son passé est convaincant.

Ce film n’est pas un chef d’œuvre en soi mais Paula Hernandez arrive à donner sens à cette rencontre au travers de nombreux plans fixes qui nous placent face à ces personnages qui nous ressemblent tant et créé ainsi une identification inextricable aux personnages. C’est d’ailleurs cet aspect là qui m’a rappelé le film El Cielito de la (très prometteuse) réalisatrice Maria Victoria Menis, outre le thème de la rencontre, elle joue aussi beaucoup sur les plans fixes pour nous rappeler que nous ne sommes pas si éloigné de ses personnages. De plus, La pluie joue un rôle primordial dans l’évolution des personnages et le titre du film n’est, à n’en pas douter, bien choisi (« lluvia » signifie « pluie » en espagnol). Ainsi, si vous avez l’occasion d’aller voir ce film, je ne peux que vous le conseiller, c’est une manière de s’évader et surtout de connaître un cinéma méconnu, si peu présent dans les salles aujourd’hui.

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